La controverse

Il est vrai que, dans mon roman, parallèlement à une enquête policière plutôt légère et sympathique, il est question d’une histoire d’amour qui peut susciter la controverse. Quand ils se sont rencontrés, les protagonistes avaient 14 ans (elle) et 34 ans (lui).

Mais mon roman encourage-t-il les relations entre adultes et adolescents? Bien sûr que non! Banalise-t-il les abus et attouchements sexuels sur une personne mineure ? Non plus! D’ailleurs je suis certaine que les lecteurs et lectrices qui ont lu le roman sont du même avis. 

Mon roman démontre-t-il que certains adolescents sont fragilisés et seraient sujets à «se laisser faire» si un adulte leur tournait autour? Oui. Oui, je crois que mon roman démontre que l’éducation (souvent parentale mais pas uniquement) qui place l’enfant au service des adultes plutôt que les adultes aux services des enfants, peut être en cause quand un adolescent se montre incapable de repousser les avances d’un adulte. 

Et dans mon roman, j’ai aussi raconté comment une petite fille a pu être marquée par la présence, dans son entourage, de magazines tels que Playboy. Ce n'était pas juste une anecdote. Des questions méritent d'être posées. Parmi les adultes impliqués, d’un côté ET de l’autre, dans la vague du #moiaussi, combien ont été des enfants marqués par la présence des revues «cochonnes»? Combien de petites filles et de petits garçons ont vu leur père, leurs grands-pères, leurs oncles et leurs grands frères feuilleter ces magazines ? Ces enfants se disaient-ils que les éditoriaux étaient bien écrits et favorables à une libération sexuelle nécessaire à l'époque? Sûrement pas! Ces enfants ont seulement vu que des hommes POUVAIENT feuilleter des magazines -- ou accrocher des calendriers -- montrant des belles femmes nues ou presque nues, et que c’était TOLÉRÉ, toléré même par les femmes telles que leur mère, leur grands-mères, leurs tantes etc. Ils en ont tiré des conclusions, oui des saloperies de conclusions pour longtemps. 

Bref, je défends mon petit roman. Je suis fière de lui. Il peut contribuer, lui aussi, à la réflexion qui s’impose maintenant.



Le 4 mars 2018






La langue de Woody Allen

Dans Intimus (paru en 1995 dans le numéro 63 de la revue Mœbius), j’ai confié la narration à Patrick, personnage imaginaire et originaire de New York. Patrick s’est installé au Québec et raconte des événements qui se sont déroulés peu de temps après son arrivée, à l’époque où il apprenait le français.

Au milieu de son histoire, Patrick évoque sa colère, du moins celle qu’il aurait voulu exprimer devant sa voisine la voyeuse. Il se rappelle avoir imaginé un face à face avec cette femme où, hors de lui, il a mêlé les deux langues.

J’imaginais sa tête qui vacillait sur des épaules floues, sa tête, une zone sinistrée, bourrée de tics. Je la réprimandais sur le seuil de sa porte. Je lui disais que je n’appréciais pas les fouineuses, pas du tout! Je lui demandais de cesser immédiatement cette despicable pratique. Je parlais vite, sans m’inquiéter de savoir si elle comprenait la langue de Woody Allen.

Mariel Hemingway et Woody Allen
dans Manhattan (1979)
J’ai employé en italique le mot anglais «despicable» plutôt que le mot français auquel je pensais (dégoûtante). De plus, au lieu de «l’anglais» à la toute fin du paragraphe, j’ai choisi «la langue de Woody Allen». J’avais en tête l’anglais parlé à New York (une ville que je n'avais pas encore visitée), l'anglais de Manhattan et de Crimes and Misdemeanors (Crimes et Délits). Je m’inspirais aussi des expressions «langue de Shakespeare» et «langue de Molière».

Eh bien, l’expression choisie, «la langue de Woody Allen», ne convient plus en 2018. Lors d’une récente réédition d’Intimus (car le texte paraîtra de nouveau dans le numéro 157 de la revue), on m’a fait remarquer que «le nom de Woody Allen n’évoque plus nécessairement les mêmes choses vingt ans plus tard» et qu’il faudrait «peut-être le changer pour un autre nom». Et je n’ai pas hésité une seconde, j’ai rayé Woody Allen malgré tout le plaisir qu’il m’a donné au cinéma et sans avoir une autre bonne idée, un autre nom par exemple, avec une sonorité agréable et une belle image. La phrase se lit maintenant:

Je parlais vite, sans m’inquiéter de savoir si elle comprenait l’anglais.

Disturbing?




Le 17 février 2018

Pis, ton roman?

Les informations sont réelles, mais la forme est fictive et empruntée sans permission à Nicolas Guay, auteur de la série « Pis, ton manuscrit ? ». Merci, Nicolas.



— Pis, ton roman ?
— Les gammes ?
— Euh… Est-ce qu’il y en a un autre ?
— Oui, sur ma table.
— T’arrête plus d’écrire, hein ?
— En effet.
— Ça se passe donc bien avec euh… ?
— Les gammes ?
— Oui.
— Je ne sais pas… Je n’ai pas envie d’en parler.
— Hein ? Dis-moi pas que t’as reçu une mauvaise critique !
— Je n’ai reçu aucune mauvaise critique. Aucune. Mes proches, du moins ceux et celles qui lisent, m’ont fait de belles remarques, toujours positives. Et sur le Web, lors d’une recension des vingt et quelques nouvelles parutions d’octobre 2017, mon livre a reçu un bon commentaire du genre « Un autre roman fort prometteur », suivi de deux phrases.
— Super !
— Et une blogueuse littéraire bien connue a publié un merveilleux article au sujet de mon livre. Elle n’a pas hésité à dire qu’il ne s’agit pas d’un véritable abus dans cette histoire.
— Ah !
— Et j’ai accordé une entrevue à la radio. J’ai répondu « comme une pro », parait-il.
— Wow !
— Il s’agissait d’une émission littéraire.
— Mais alors ? Pourquoi fais-tu la baboune ?
— Je viens de prendre connaissance du rapport final de la relationniste de mon éditeur. Les journalistes ne parleront pas de mon roman. Ils ont apprécié « le style », « la sensibilité particulière de l’auteure » et « sa manière de rendre si vivante la musique » ; une journaliste a même avoué qu’elle avait lu le livre d’une traite et qu’elle avait « beaucoup aimé le regard de l’adolescente sur son abuseur/amoureux ». Mais parler du roman à leurs lecteurs ou auditeurs ? Non. Ils ne le feront pas. Ils ont dit qu’ils ne le peuvent pas à cause des événements autour du #metoo, du #moiaussi et des autres dans ce genre-là.
— Euh…
— Si le roman était sorti au printemps, ou juste quelques semaines plus tôt, les choses se passeraient différemment, je crois.
— Euh…
— Qu’en penses-tu, toi?
— (…)
— L’as-tu lu ?
— Non. Pas encore. Mais je vais le lire!



Le 5 janvier 2018

Week-end blanc

J’avais hâte au week-end. J’avais l’intention d’écrire. C’est si bon, écrire. Ça part de la tête. S’y forment (dans l’ordre) des images, des mots et des commandes pour les doigts qui ont pris position sur le clavier de l’ordinateur. Puis, de l’écran, ça retourne à la tête via les rétines et le nerf optique. Se reforment (dans l’ordre), la voix intérieure et les images. Et ça va vite. Très vite. Quand les commandes pour les doigts sont activées, les informations voyagent à la vitesse du son, il me semble. Le processus ralentit quand les doigts abandonnent le clavier et qu’il ne reste plus que les pensées et les yeux.

Or, je n’ai pas écrit ce week-end. Pas un mot n’a été ajouté à mon roman. Mes deux personnages, qui à ce point du récit se déplacent à pied sur les trottoirs enneigés de Montréal, n’ont pas bougé d’une semelle depuis vendredi midi. Dans ma tête, j’ai comme une photo : une prise de vue en plongée sur Brigitte et Samuel qui marchent dans la direction opposée. Ils me tournent donc le dos.

Bonhomme de neige au Parc Lafontaine (Montréal)
C’est Les gammes qui a occupé mon esprit ce week-end. Tout a commencé samedi matin avec un courriel de Nadia Gosselin (le Pigeon décoiffé). Dans son courriel, elle m’a transmis ses félicitations pour la publication de mon roman qu’elle venait, apparemment, de découvrir, ainsi que le lien vers l’article de Yannick Ollassa (la Bouquineuse boulimique) consacré à mon livre. Elle m’a aussi demandé la permission de «faire la promotion de mon roman» sur le site du Pigeon décoiffé et dans les réseaux sociaux. Je ne lui ai pas répondu tout de suite. J’ai cliqué sur le lien et lu l’article. C’est d’ailleurs à ce moment-là que les deux personnages de mon roman se sont figés sur une photo dans ma tête. L’article, simplement intitulé Les gammes, de Christine Daffe, m’a ravie, tout particulièrement la deuxième partie où Yannick Ollassa, qui a une formation en sexologie, se prononce sur «les phénomènes complexes, dont on parle peu», tout en ajoutant cette remarque: «le fait que Christine Daffe a choisi de les aborder constitue un des points d'intérêts du roman». J'étais contente que quelqu'un ait aussi, comme moi, abordé le sujet. Ensuite, j’ai ressenti le besoin d’envoyer un message à la relationniste, qui m’a répondu, et de son côté mon éditeur m’a écrit aussi et… et voilà, le temps a passé en échanges sur Messenger et en partages sur Facebook.

Mieux encore, ce week-end, mon éditeur m’a fait part de son commentaire concernant l’entrevue à la radio. J’aimerais pouvoir copier-coller notre échange ici, et en faire une image comme on en retrouve dans le roman Homo sapienne de Niviaq Korneliussen, mais ce n’est pas possible. Il faudrait confier la tâche à un-e graphiste.

Voici donc la transcription :

Lui : La version éditée de ton entrevue au Cochaux Show, tu l’as l’écoutée? Tu y es, très sincèrement, excellente.
Moi : Oh merci, merci mais… Non, je ne l’ai pas écoutée. Le cœur me débat rien qu’à y penser.
Lui : Aucune obligation. Mais très objectivement, je te l’affirme : c’est excellent! Non seulement tu t’exprimes clairement, mais tes réponses sont pertinentes, approfondissent certains points et ne sont pas du tout prévisibles ou creuses, comme c’est souvent le cas dans ce type d’entretien. Il y a de la substance et ça reste concis. Vraiment impeccable!
Moi : Oh là là… Je ne m’attendais pas à ça. Je ne me souviens pas de ce que j’ai dit. Mais merci encore et je finirai bien par l’écouter un de ces jours :-). Je crois.
Lui : C’est ok si je la publie sur notre page?
Moi : Ben oui. Si tu veux. Si tu penses que ça sert le roman.
Lui : Absolument oui!

Après, j’ai retourné et retourné dans mon esprit ce vilain épisode de ma vie récente qui m’a fait souffrir sur le coup, qui me laisse des séquelles psychologiques et un trou dans ma mémoire. Et j’ai rêvassé. Je n’ai plus du tout eu à l’idée de voir avancer mes personnages dans mon prochain roman. Je me suis mise à la recherche d’un logement pour une ou deux semaines de vacances, d’abord à San Francisco (ma ville préférée), ensuite à Auxerre, en France, là où vit Mireille. Je choisirai en temps voulu. J’ai aussi interrogé les moteurs de recherche pour tenter de dénicher un billet d’avion pas trop cher.

Ah oui! J’ai répondu à Nadia Gosselin. Je l’ai remerciée et je lui ai dit qu’elle pouvait parler de mon roman sur le site du Pigeon décoiffé et dans les réseaux sociaux, si elle le voulait (je ne voyais pas très bien pourquoi, mais je ne pouvais quand même pas l’en empêcher). Nadia et moi n’avons eu que quelques échanges en février 2017, soit deux mois après que j’aie envoyé mon manuscrit aux éditeurs. Je l’ai consultée parce que je venais de recevoir une lettre de refus comprenant cette remarque : «Nous ne publions pas de romans policiers». J’angoissais. Je lui ai demandé une fiche de lecture et une réponse à ma question : «Est-ce un roman policier?»



Le 17 décembre 2017
(révisé le 18 décembre 2017)

Un roman intitulé Polaretto?

Mon roman est sorti en librairie le 24 octobre. Il aura donc trois mois la veille de Noël.

Je présume qu’il se porte bien en librairie, que des lecteurs l’ont pris dans leurs mains et ont lu le quatrième de couverture jusqu’à la fin, sans grimacer. Je présume aussi qu’il se porte bien chez ceux et celles qui l’ont lu ou qui ont commencé à le lire, qu’il n’a pas été piétiné, ni lancé à bout de bras de l’autre côté du salon. Je présume même que les lecteurs et lectrices qui ont choisi de se le procurer en format numérique ne l’ont pas regretté.

Je ne peux que présumer. Il ne se passe rien d’extraordinaire autour de mon roman, mais rien de fâcheux non plus. Dans les médias, il a obtenu un peu d’attention (à la radio Rouge FM et dans le catalogue de Noël des Libraires indépendants). Il a aussi suscité l’intérêt de René Cochaux, qui m’a demandé de lui accorder une entrevue pour son émission radiophonique (on peut l’écouter ici : https://soundcloud.com/rene_cochaux/christine-daffe-en-entrevue-a-propos-du-roman-les-gammes), une entrevue que je n'ai pas l'intention d'écouter, soit dit en passant (voir Les romans sont plus intelligents).

En privé, les choses se passent modérément aussi. Chez les membres de ma famille et chez mes collègues de travail, j’ai perçu un bel enthousiasme qui m’a fait chaud au cœur. De la part de quelques personnes que je fréquente via Facebook, j’ai reçu de joyeux «ton roman m’a beaucoup plu» et d'autres choses semblables. Sans plus. Il faut dire que, anxieuse sociale comme je suis, je ne suis pas allée vers les autres autant que je l’aurais voulu (voir L'évitement).

Projet d'image pour la couverture: une partition
manuscrite de Beethoven, les couleurs inversées.
En d’autres mots, qu’il soit question dans mon roman d’une histoire d’amour qu’on ne tolèrerait pas en réalité, ça ne dérange et ne choque personne, apparemment. Ça ne déplait à personne non plus de voir quel rôle j’ai réservé à la mère de Faustine.

Je me demande tout à coup si le quatrième de couverture n’est pas un peu mou. Il n'excite pas. Il ne soulève pas les passions. Il ne donne pas le ton.

Et le titre?

Moi, j’avais pensé à autre chose en tant que résumé (voir Le duo), et comme titre pour mon roman, j’avais pensé à Polaretto qui s'inspire des termes musicaux italiens et voudrait dire « presque polar ». Et pour la page couverture, j’avais pensé à une partition manuscrite de Beethoven, les couleurs inversées.



Le 10 décembre 2017



Les romans sont plus intelligents

L’écrivain, critique littéraire et journaliste René Cochaux a beaucoup aimé mon roman, du moins c’est ce qu’il m’a dit à 9 heures ce matin, avant que débute l’entrevue. Il m’a dit aussi qu’il l’avait lu en deux soirs, que c’est bon signe.

René Cochaux a par ailleurs la réputation d’être très respectueux et attentionné. On m’a même dit qu’une entrevue avec lui est un « pur bonheur ».

Mais moi, j’ai été poche en entrevue. J’ai été nulle. Dès la première question, quand l'intervieweur m’a dit que le thème principal de mon roman était un thème fort et qu’il m’a demandé pourquoi j’avais décidé d’aborder ce thème, j’ai été déstabilisée, incapable de répondre.

Logo de l'émission radiophonique
de René Cochaux
Je ne me souviens même pas des questions suivantes, ni des mots que j'ai prononcés dans un état presque second.

J’ai suggéré à René Cochaux de laisser tomber. Mais disons que c’est « pur bonheur » qu’il soit finalement parvenu à me faire parler un peu, et qu’il m’ait laissée entendre que je serai sans doute étonnée du résultat, après le montage.

Au milieu de l'après-midi, j’étais encore sous le choc, psychologiquement et physiquement, et je me sentais incapable de me rendre au Salon du livre pour la séance de signatures à 17 h. C’est mon fils qui s’est occupé de moi. Il m’a parlé, il m’a versé un verre de Sortilège (whisky canadien et sirop d’érable) et il m’a pratiquement forcée à prendre une douche et à m’habiller. Il m’a même accompagnée jusqu’au Salon.

Ce soir, je comprends que je ne peux pas parler de moi, ni de mes intentions. Ce qui m’a poussée à écrire Les gammes, je ne peux pas l'expliquer. Pour mes prochaines entrevues (si j’en ai), il va falloir parler de mon roman. D’ailleurs comme la plupart des romans, il est beaucoup plus intéressant que l'auteur-e, beaucoup plus intelligent aussi.



Le 17 novembre 2017




Le duo

Faculté de musique de l'Université de Montréal
Dans ses communications, mon éditeur choisit souvent les mots « élégant » et « mystérieux » pour qualifier mon roman. C'est bien. Et ça me rappelle quelque chose...

Moi aussi, un jour, j'ai pensé que mon roman était une sorte de « duo ». Mais pas le duo élégance/mystère...


Voici ce que j'ai écrit au sujet de mon roman. Ce n'était pas habile (je ne suis pas une spécialiste des communications!), mais c'était intéressant, il me semble. Naïf, et intéressant.

L’intrigue est traitée à la manière d’un « duo » entre le sombre et l’éclat ou, si l'on préfère, entre le grave et le léger. Le grave : une histoire d’abus sexuel marquée par des silences, des détours, des images déconcertantes et, même, des « gros mots ». Le léger : une enquête sur une tentative de meurtre menée en grande partie à la Faculté de musique, dans une ambiance rafraichissante et piquée de petites pointes d’humour.

Pour sa part, le lecteur devra composer avec le point de vue de l’héroïne sur l’abus sexuel dont elle a été la victime : un point de vue qui, sans être discordant, ébranle les idées reçues et pousse à la réflexion. 

Résumé

Faustine Favrau excelle malgré elle dans l’art de l’évitement, voire de la pseudo-amnésie, si bien qu’au retour du violoniste Jean St-Arnaud, après des années d’absence, elle passe le week-end avec lui sans qu’un seul mot sur leur troublant passé ne soit prononcé. Or, le lundi soir, Jean est victime d’une tentative de meurtre. Une enquête policière est ouverte et Faustine, qu’elle le veuille ou non, devra parler.

Avant de parler, Faustine a besoin d’un peu de temps pour se ressaisir. Tant mieux, car il s’avère agréable pour les policiers – et les lecteurs – de mener une enquête à la Faculté de musique. Les interrogatoires tournent rond, des éléments de l’intrigue se révèlent un à la fois et la musique fuse de partout.


 Le 8 novembre 2017